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Le Cuir
 
Le cuir, vaste sujet auquel il est dur de s'attaquer, tellement on peut se perdre dans ses méandres... Bien trop banalisé de nos jours, et encouragé d'être acheté  par les consommateurs ! Tant de pubs positives qui vantent les mérités du cuir, de sa qualité, au "travail" qu'il faut pour en obtenir, du savoir-faire Français... Les "bienfaits" vantés aux consommateurs afin qu'ils consomment toujours autant de matière animale, comme : l'aspect naturel, laissant respirer la peau, un meilleur maintien...

vachesMais c'est sans oublier qu'il ne faut surtout pas que les gens puissent se douter de toutes les horreurs et la souffrance qui se cachent derrière celui-ci. C'est comme dans l'expression populaire "dans le cochon tout est bon, rien à jeter", et bien le cuir c'est pareil, rien ne se jette, tout est utilisé, des plus grandes peaux aux plus petits "déchets"...

Il y a l'aspect souffrance animale qui en découpe, bien sûr, la torture subie par les animaux de leur naissance forcée, par l'élevage et le transport jusqu'à l'abattage, mais aussi son côté doublement lucratif : d'un côté la viande et toutes ses sous filières (laitières, les oeufs...), et l'autre le cuir, donc on ne perd rien.
Bien au contraire, les chiffres montrent clairement qu'un animal vaut plus cher une fois mort, que vivant !

Par exemple en France, la viande représente un chiffre d'affaire de 10 milliards d'euros par an, la filière du cuir, elle, fait vivre au bas mot 8 000 entreprises, elle génère au minimum 80 000 emplois, qui permettent de faire chaque année en France un minimum de 1, 5 milliards de Chiffre d'Affaire. Elle représente 76% de peaux brutes Français envoyées au tannage, pour 40% d'exportation de cuirs finis et fabriqués. Ne serait-ce qu'en 2011, le cuir a rapporté à la France 347 millions d'euros, ce qui fait de lui un des fleurons de la France, au même titre que la culture culinaire, les avions militaires, les ventes d'armes et bien d'autres...

Mais c'est aussi en moyenne environ 137 milliers de tonnes de cuirs et peaux bruts de bovins par an (en moyenne 5 millions abattus chaque année), ce qui représente 86% de gros bovins et 14% de veaux. La matière première disponible s'élève donc approximativement à 3,5 millions de cuirs et peaux de gros bovins et 1,5 million de peaux de veaux, qui sont majoritairement pas destinées au marché français, mais plutôt à l'exportation, surtout vers l'Italie, les pays d'Afrique du Nord et d'Asie, où elles seront tannées, puis renvoyées en France après tannage pour pouvoir les vendre et les exporter (finition ou non) dans d'autres pays.
Les prix des peaux brutes à la vente, sont durs à trouver, mais les prix moyens de vente une fois tannés et finis, coûtent environ 300 euros pour 5m² de peau pour un cuir de grande qualité, jusqu'à une fourchette comprise entre 5 et 15 euros le kilo pour des chutes de cuir. Quand on sait par exemple, que la réalisation d'un canapé en cuir nécessite environ 5 peaux d'animaux de taille moyenne de 4,50 m².


Cuir vacheUne fois abattus, les animaux sont dépecés (souvent encore parfois vivants) puis  partent à la découpe sur les chaînes de l'industrie de la viande. Mais rien ne se perd, ils récupèreront les bas morceaux et les déchets autant pour faire du "minerais de viande" qui partiront pour confectionner les plats cuisinés et surgelés, utiliseront les cartilages etc. pour faire de la gélatine ou autre, récupèreront le sang pour en faire du boudin, les os pour filtrer les boissons ou pour les donner à nos "animaux de compagnie"... et la peau ? La peau, sera elle, salée pour pouvoir la conserver jusqu'à l'étape du tannage qui permettra de la transformer en cuir. Pendant la période du salade, la peau pourrai perdre jusqu'à 10% de son poids en eau, puis empilées avec un tas d'autres et entreposées dans un pièce spécialement humide entre 70 et 90% pour que les peaux éliminent la saumure, pendant une durée de 15 jours à une température n'excellant pas les 10°C. Une fois passé ce délai, les peaux seront dessalées afin de pouvoir faire le tri, de les examiner et de pouvoir juger de leur qualité (imperfections, les tâches de blessures...), ensuite elles partiront elles partiront en vue du tannage.

Cela se fait en plusieurs phases, dites "travail de rivière" : le trempage, puis le pelanage (qui consiste à enlever chimiquement les poils grâce au pelains), l'écharnage (où on enlève les tissus sous cutanés), les confitage (même étape que l'écharnage mais de façon plus poussée) puis enfin le picklage (à ce stade, la peau est putrescible, alors, pour ne pas la "perdre", on l'acidifie et la sale à nouveau afin de retirer encore de l'eau présente dans la peau).

Ensuite vient le tannage à proprement parlé, qui consiste à faire de la peau d'origine un produit fini, le cuir ! Les peaux, ainsi, passent par plusieurs traitements à l'aide de tanins (d'origine végétales, minérales, organiques...) comme par exemple, les sels de chrome, qui permet aux peaux de passer du stade de putrescibles (présentant encore des traces d'eau à l'intérieur à imputrescibles (sèches et résistantes à l'eau à colorées ou non. Les peaux passent ensuite au corroyage, une phase qui permet de finir de supprimer toute minuscule trace restante d'eau à travers les pores des peaux. L'épaisseur du cuir, elle, vient du dérayage (égalisation du cuir, côté chair, pour l'uniformiser et qu'il se ressemble partout, puis enfin, on le met sur une machine qui permet de l'étirer à l'aide d'un souffre de vent, selon le résultat et la taille souhaitée tout en éliminant et corrigeant les plus pouvant encore être présents sur la peau. Puis, enfin, la finition qui consiste à protéger le cuir avec un faible film transparent quand la peau ne montre aucun défaut à l'oeil nu (aniline), ou finement pigmenté et opaque en plus d'une autre couche translucide quand la peau montre quelque défauts (semi-aniline), afin d'être mis en vente et travaillé ensuite par les entreprises que comportent l'industrie du cuir, de la maroquinerie et de la sellerie haut de gamme...

Malgré ce côté "naturel" que cette industrie veut bien montrer et ventre comme telle, le cuir présente un aspect peu éthique en vérité, car il est le plus rentable de tous les sous-produits que comporte l'ensemble de l'élevage industriel, bien plus que celui du lait et des oeufs y compris. L'industrie du cuir représente entre 10 à 60% de la valeur des animaux utilisés à l'origine.
L'origine du cuir est bien diversifiée, malheureusement, bien que le plus souvent le cuir employé soit d'origine bovine (boeuf, vache, veau, buffle d'eau, bisou, zébu...), ovine (moutons, agneaux, chèvres, chevreaux...), et des caprins (chamois...), porcin (cochon, sanglier...) ! Mais il en existe d'autres bien plus rares tels que le cuir équin (cheval, âne, mule...), de cervidés (cerf, biche, gazelle, élan, renne), d'oiseaux (autruche...), ou d'autres plus exotiques comme celui de kangourous, de pingouins, de reptiles (crocodile, lézard, serpent, tortue...), mais aussi de poisson (saumon, galuchat (raie), requin, morue, perche, loups de mer...) et encore tant d'autres. Il y a plusieurs types de cuir : la pleine fleur (considéré comme le plus noble de toutes les peaux, plus chère et plus résistant, car la version intégrale de la peau (les 3 couches sous cutanées), le nubuck (cuir travaillé par grattage, lui donnant un aspect de velours), la croûte de cuir (le moins noble de toutes les peaux, car c'est la couche inférieure du cuir, la moins épaisse, moins coûteux mais aussi moins résistant.


Heureusement, il existe le simili cuir, ou faux cuir en skaï (matière plastique), ou en latex (d'origine végétale). Il existe plusieurs façons de reconnaître le vrai du faux cuir :
- La vue : le simili a un grain plus lisse, ne comporte pas de pores de la peau comme sur du vrai, il est trop régulier et plus brillant.
- L'odeur : le cuir est reconnaissable par son odeur, forte et caractéristique.
- Le toucher : le simili est plus fin que le vrai, il se plie et se froisse assez facilement entre les doigts, et il reste quelques faibles résidus de vernis sous les ongles lorsque l'on le gratte.
- Le feu : on peut aussi pratiquer le test de la flamme (tout comme la fourrure) à l'aide d'un briquet, brûler légèrement une partie non visible : un faux cuir fond, un vrai ne bouge pas !

Niveau environnemental, le cuir, tout comme l'élevage intensif, produit des dégâts envers la nature et la Terre.
Cuir humainEntre le réchauffement climatique (effet de serre au méthane), et les pollutions des nappes phréatiques et cours d'eau par le déversement sauvage dans la nature, des produits chimiques et nitrates utilisés pendant le tannage (chrome, et produits ultra chimiques et polluants...). Les entreprises délocalisent en masse aussi afin de pouvoir polluer mieux encore, sans pouvoir être sanctionnés, quitte à payer des pots de vins aux Pays émergeants tels que l'Inde, l'Asie... Ils déversent dans les ruisseaux et cours d'eau avoisinant tous leurs déchets, leur panoplie de près de 300 produits chimiques et extrêmement nocifs, autant pour la nature que pour les populations, et les tanneurs qui travaillent à leur contact chaque jour et leur fait souvent développer des maladies graves (une estimation montre que 90% d'entre eux ne dépasseront pas la barre des 50 ans), bien sûr sans assurer ni participer à l'élaboration des usines de traitement des eaux. A cela s'ajoute bien évidemment, la déforestation massive et constante, afin de pouvoir créer toujours tant et plus de nouvelles terres qui permettent l'exploitation animale grâce à l'élevage mais surtout pour cultiver les céréales qui serviront à nourrir encore plus de bétail.

Les gouvernements, bien sûr, trouvant leur compte autant au niveau de l'exploitation de la viande que du cuir et de l'exportation et de l'importation, ils l'encouragent même vivement et plus qu'autre chose ce commerce indigne, s'en garde, en essayant de cacher la vérité sordide le plus possible à leurs citoyens.
A une époque, pendant la Seconde Guerre Mondiale, la peau des prisonniers des camps d'extermination nazis était même utilisée par ce régime afin de confectionner du cuir peu cher et rentable surtout, afin de confectionner par exemple des abat-jour... du cuir humain en fait !
De nos jour, ils vantent le cuir animale, quitte à s'en vanter comme une fierté nationale et à l'exposer en haut lieu et place, encore une fois pour une raison de profits, pour eux ce n'est pas grave si des êtres sont exploités, tant qu'ils leur rapportent.



 
Estelle Jourdan


La soie
 
 
Les chenilles se construisent un cocon pour se métamorphoser.
A l'âge de 10 jours, les cocons sont ébouillantés à la vapeur ou dans de l'eau bouillante de 70 à 80°C, avant l'éclosion du papillon. La soie est censée être plus fine à ce stade. La chrysalide doit être tuée sans abîmer le cocon. Si on laisse les cocons s'ouvrir naturellement à une extrémité pour libérer le papillon, on perd la continuité de la fibre.
15 chenilles sont ainsi sacrifiées pour obtenir 1 gramme de ce textile de luxe.


Attention : la soie peut être utilisée dans divers produits (shampooings...) sous l'appelation "hydrolysed silk".

A Hyderabad, en Inde, après des années de recherche, Kusuma Rajaiah produit de la soie sans sacrifier un ver. Responsable technique chez APCO, une coopérative de tisserands, c’est dans les années 1990 qu’il commence à travailler sur des soieries respectueuses des animaux. 

M. Rajaiah achète des cocons qu’il cultive dans de grands paniers en osier, dans sa résidence d’Hyderabad, dans le sud de l’Inde. Au bout de huit à dix jours, les papillons apparaissent et percent leur enveloppe jaune. “Les papillons adultes ont une espérance de vie de quatre jours, pendant lesquels ils s’accouplent et meurent naturellement”, explique-t-il. Les cocons percés sont dévidés, et l’on tisse le fil ainsi obtenu. “Tous mes tissus sont fabriqués à la main sur des métiers à tisser et font vivre plusieurs familles de tisserands.” Cette soie respectueuse de l’environnement a été brevetée l’an dernier. Si elle n’a pas tout à fait l’éclat de la soie traditionnelle, elle est très confortable, tombe mieux et ne se froisse pas. En l’honneur de Gandhi, Kusuma Rajaiah l’a baptisée ahimsa [concept religieux prônant la non-violence et le respect de la vie].



 
Plus d'informations sur le site de la Marche Contre La Fourrure

MCLF


 




 
 
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