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Oeufs de batterie chez Monoprix

 

Le groupe Monoprix affiche un engagement fort en matière de développement durable. Il revendique même d'avoir été un des « premiers à s'être engagé dans cette démarche innovante et audacieuse ».
Monoprix affirme que « le positionnement "responsable" de Monoprix est largement reconnu aussi bien par les collaborateurs que par les clients ».
Qu'en est-il du bien-être animal ? Monoprix, responsable ?
Depuis mars 2010, la Fondation Brigitte Bardot, GAIA et L214 échangent avec le groupe Monoprix pour l'inciter à prendre quelques engagements en matière de bien-être animal (élevage, transport et abattage). Aucun des sujets ne semble avoir vraiment touché l'enseigne.
 
elevage poules pondeuses
 
Après un an de discussion avec Monoprix sur les œufs et les conditions d’élevage des poules, la chaîne a pour le moment décidé de continuer à vendre des œufs de batterie.
 
Monoprix ne peut pas jouer sur les deux tableaux : d'un côté revendiquer un positionnement différent et fort sur l'éthique comparé à celui de ses concurrents et de l’autre continuer à distribuer des produits issus des formes d’élevages qui causent le maximum de souffrance aux animaux.
En Europe, une multitude d'enseignes ont retiré les œufs de batterie de leurs linéaires, il est grand temps que Monoprix s'inspire de leur exemple.
Le surcoût lié à l'achat d'œufs issus de poules élevées en plein air par rapport aux œufs de batterie est de l'ordre de moins d'un euro par mois (74 centimes) ! Les consommateurs sont très majoritairement opposés à l’élevage des poules pondeuses en cage. Aux grandes surfaces de prendre leurs responsabilités.
L'élevage en batterie des poules pondeuses est une des pires formes de l'élevage intensif.
Chez Monoprix, on ne semble guère se soucier du bien-être animal.


Qu'est ce que l'élevage intensif de poules pondeuses ?

A 18 semaines, 80% des poules pondeuses sont placées dans des cages. Le type d'élevage présenté ici est conforme aux normes de 2012.
 

Dans les bâtiments de ponte

De l'extérieur, il est difficile de se rendre compte de la fonction des bâtiments, seuls les silos laissent deviner qu'il y a des animaux à l'intérieur. Les fenêtres sont inexistantes. Ils sont immenses et contiennent des dizaines de milliers de poules pondeuses par bâtiment.

A l'intérieur, les cages sont entassées sur des rangées de plusieurs dizaines de mètres de long et une dizaine de mètres de haut.

Il y a des passerelles et des échelles pour monter voir les cages du haut. Tout est automatisé : le programme de lumière, les avancées des tapis de fientes, la distribution d’eau et de nourriture.
 

Dans les cages


Dans chaque cage, 15 à 60 poules doivent vivre ensemble dans un espace si restreint qu'il y est difficile d'étendre les ailes et de se déplacer sans déranger les autres. Le sol est grillagé et occasionne des lésions aux pattes.

Les aménagements prévus en 2012 sont largement insuffisants pour satisfaire les besoins des poules (se percher, gratter le sol, construire des nids, s'isoler pour pondre, sans parler de profiter du soleil...). Ces aménagements demandent de gros investissements financiers, autant passer directement au plein air !

Les poules développent souvent des anomalies du comportement : mouvements stéréotypés prolongés, agressivité (voire cannibalisme) envers leurs congénères. Leurs os sont très fragiles à cause du manque de lumière et du manque d'exercice.

Après un an passé à pondre, c'est l'abattoir...


Où sont-elles nés ?

 
Les poules pondeuses sont issues d'une sélection génétique favorisant la production d'œufs : une poule pondeuse d'élevage pond environ 300 œufs par an alors qu'à l'état sauvage, une poule en pond en moyenne 60.
 
128 millions d'œufs éclosent chaque année en France.
 
Cette souche de gallinacé, spécialisée dans la production des œufs, est très différente de celle utilisée pour la production de volailles de chair : les souches de volailles de chair sont optimisées pour atteindre le poids d'abattage en 42 jours alors qu'un coq issu de souche pondeuse nécessiterait bien plus de temps et de nourriture : une question de coût...
Donc à part quelques coqs sélectionnés pour être reproducteurs, les mâles sont éliminés par broyage ou gazage.
Il reste alors 47 millions de poulettes (des reproductrices et des productrices d'œufs de consommation) et 67 000 coqs.
 
Dès l'éclosion : tri des poussins, élimination des mâles
 
Les images suivantes ont été tournées dans un couvoir de la Sarthe en 2001.
On y voit les armoires à incubation où sont entreposés les oeufs dans l'attente de leur éclosion.
Une fois éclos, les poussins sont triés : les gestes sont rapides, les mâles d'un côté, les femelles de l'autre.

Les mâles sont ensuite broyés et finissent dans une poubelle, les femelles sont transportées vers l'élevage de poulettes où elles resteront pendant 18 semaines avant d'être mises dans
des cages ou des volières.

 

 
Reconnaître les codes  sur les oeufs
 
Les règles de marquage et d'étiquetage pour la vente des oeufs sont harmonisées au sein de l'Union européenne. Conformément à la directive 2002/4/CE, sur chaque oeuf figure obligatoirement le code producteur : ce code donne des informations sur la provenance des oeufs. De même sur l'emballage figure la mention du mode d'élevage.
 

 
- Code 3 : oeufs de poules pondeuses élevées en cage
Sur cet exemple, le code est 3FRWFB02 : le 3 signifie que la poule qui a pondu cet oeuf est élevée en cage, FR indique que cet élevage est en France, le reste du code permet d'identifier le producteur et le bâtiment de ponte.

Sur les boites d'oeufs de poules élevées en cage, la qualité des oeufs est mise en avant pour masquer le mode d'élevage qui n'est pas très vendeur... C'est ainsi qu'on peut y lire "oeufs frais", "oeuf datés du jour de ponte"... et en tout petit dans un coin "oeufs de poules élevées en cage".

- Code 2 : oeufs de poules pondeuses élevées au sol
Les oeufs dont le code producteur commence par le chiffre 2 sont issus de poules élevées dans des volières. Elles sont en libre parcours mais n'ont pas accès à l'extérieur. Elles sont plusieurs milliers à être parquées dans le même bâtiment.

- Code 1 : oeufs de poules pondeuses élevées en plein air
Les poules pondeuses sont élevées en volière avec un accès à l'extérieur. Ce mode d'élevage n'est pas sans problème puisque là aussi, elles sont quelques milliers à être parquées ensemble.

- Code 0 : oeufs de poules pondeuses élevées en mode biologique
Les poules pondeuses sont élevées en volière avec un accès à l'extérieur. Ce mode d'élevage n'est pas non plus sans problème puisque là aussi, elles sont quelques milliers à être parquées ensemble. Les poules sont alimentées avec de la nourriture biologique (90% minimum).
Attention oeufs cachés !

Les oeufs utilisés dans la fabrication de produits alimentaires proviennent le plus souvent de poules élevées en cage (sauf mention contraire sur l'emballage).

Attention aux oeufs en vrac sur les marchés ou dans les supermarchés
Il arrive souvent que les oeufs vendus en vrac soient issus de poules élevées en batterie (code 3), n'oubliez pas de vérifier le code sur l'oeuf.
La PMAF donne de plus amples précisions sur son site www.oeufs.org.


Plusieurs distributeurs ont déjà bannis les oeufs de batterie

De nombreuses enseignes européennes ont déjà exclu les oeufs de batterie de leurs rayons oeufs "coquille". C'est le cas de la plupart des enseignes en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Belgique, aux Pays-Bas. En Italie, Coop, première enseigne de distribution, bannit les oeufs de poules de batterie de ses rayons depuis octobre 2010.

Quelle sera la première enseigne française à se distinguer en retirant les œufs de batterie de ses linéaires ?

- En Belgique, après Makro en janvier 2006, Carrefour, Delhaize, Colruyt, Lidl, Aldi, Match, Champion et Cora ont retiré les œufs de batterie de leur rayon. Le traiteur industriel Sodexho ainsi que McDonald’s et Quick ont remplacé les oeufs de cage frais dans leurs salades et petits déjeuners par des oeufs provenant de systèmes plus respectueux du bien-être animal. (1)

- Aux Pays-Bas, tous les grands supermarchés ne vendent déjà plus que des œufs de systèmes dits alternatifs. (2)

- En Grande-Bretagne, Marks & Spencer et Waitrose ont retiré les oeufs de batterie de leurs étals et, d’ici deux ans, tous les oeufs vendus dans les principaux supermarchés seront « plein air ». (3)

- En Allemagne, où les cages sont interdites depuis 2009 sous la pression des associations et des supermarchés, la grande distribution refuse les oeufs de poules élevées en cage ou en petites volières. (4)

- En Italie, Coop, première enseigne de distribution, bannit les oeufs de poules de batterie de ses rayons depuis octobre 2010. (5)

- En France - outre les grands groupes internationaux tels que McDonald’s, Unilever, Subway, Ikea - Novotel a renoncé aux oeufs de code 3 pour son offre petit déjeuner. (6)

Et aux USA ?

Une avancée historique vient de se produire aux USA : les producteurs viennent de signer un accord avec HSUS pour bannir les cages conventionnelles. Ce n'est pas la fin des cages, ce n'est pas la fin de l'enfer pour les poules pondeuses mais c'est résolument un pas en avant non négligeable !

 

Et le prix dans tout ça ?
 
En moyenne, les Français consomment 230 œufs par an et par habitant.
Un tiers de la production française est vendue aux GMS (Grandes et Moyennes Surfaces), un tiers à la restauration hors domicile et un tiers aux industries agro-alimentaires. Pas de moyen pour les consommateurs de connaître le mode d'élevage des poules pondeuses pour la restauration hors domicile ou pour les produits issus de l'industrie agro-alimentaire (sauf mention volontaire). Par contre, pour les œufs vendus dans leur coquille dans les GMS, le mode d'élevage est indiqué sur la boîte.
La campagne Monoprix de L214 concerne donc le tiers des œufs qui sont distribués via les GMS, soit pour un client fidèle à Monoprix à peu près 80 œufs par an.
D'après un relevé de prix effectué dans un magasin Monoprix en octobre 2011, au moins cher, un œuf de batterie coûte 0,159 €, un œuf de plein air 0,27 €.
80x(0,27-0,159)=8,88
 
Acheter des œufs de plein air au lieu d'œufs de batterie entraîne donc un surcoût de 8,88 € par an, soit 0,74 € par mois.
 
Nous avons tous les moyens de sortir les poules des cages !
Nous pouvons nous passer d'œufs ou au moins réduire notre consommation et éviter les pires formes d'élevage. Bannissons l'élevage intensif de nos caddies et privilégions les alternatives végétales.


Opinion public

Un sondage effectué en 2000

Ce sondage a été réalisé sur un échantillon représentatif de 959 personnes, à l’initiative de l’Institut technique de l’aviculture (ITAVI).
Il apparaît que les sondés jugent « très important » ou « assez important » chacun des problèmes suivants :
- les poules disposent de très peu d’espace : 89%
- les poules ne peuvent pas sortir du bâtiment d’élevage : 85%
- les poules sont enfermées en cage : 83 %
Parmi les personnes interrogées, 83 % considèrent que l’affirmation « C’est un système incompatible avec les conditions de vie décentes pour les poules » s’applique « tout à fait » ou « plutôt » à cette méthode d’élevage. À la question « À l’avenir, seriez-vous tout à fait favorable [...] à interdire l’élevage des poules pondeuses en cage et n’autoriser que l’élevage en plein air, sachant que cette mesure entraînerait une augmentation du prix des œufs ? », 86% des sondés ont répondu « oui ».

Eurobaromètre européen

Selon une enquête Eurobaromètre effectuée en septembre et octobre 2006, 77% des citoyens européens souhaitent que de nouvelles dispositions soient prises pour améliorer le bien-être animal dans leur pays.

Sondages CIWF

Selon un sondage IFOP réalisé les 17 et 18 février 2010 pour CIWF sur un échantillon de 1005 personnes, 75% des Français seraient prêts à payer plus cher leurs œufs s’ils ont la garantie que les poules pondeuses n’ont pas été élevées en cages. Un sondage réalisé début 2011 souligne que 60% des français ne savent pas "lire un oeuf".


La directive Européenne

En 2012,
la directive européenne sur la protection des poules pondeuses va entrer en application. Elle exigera une augmentation de la taille des cages en batterie et la mise en place de quelques aménagements.
Les éleveurs vont donc devoir modifier leurs installations et investir dans du nouveau matériel.
L'occasion de se détourner définitivement des cages.

Selon le principe de subsidiarité, la France peut profiter de cette occasion pour décider d'interdire tout simplement les cages en batterie dont on sait très bien qu'elles n'apportent pas une vie décente à ces oiseaux. Actuellement les poules disposent d'une surface équivalente à une feuille A4 ; en 2012, elles auront l'équivalent de la surface d'une carte postale comme espace supplémentaire. Elles vivent en moyenne un an
dans ces conditions sur un sol grillagé.

En 2007, L214 s’est associé à la SPA pour demander aux grandes surfaces de ne plus commercialiser des oeufs issus de poules élevées en cage. Afin d'appuyer cette démarche, vous pouvez glisser dans la boîte à suggestions de votre supermarché une demande identique, en votre nom, en tant que client du magasin.

Nous vous proposons quelques suggestions et les adresses des directions nationales des supermarchés.

L214 a également engagé cette démarche auprès de Novotel concernant les oeufs figurant dans le menu du petit déjeuner. En mars 2010, Novotel a annoncé renoncer aux oeufs de poules élevées en cage ou au sol sans accès à l'extérieur dans sa carte de petit-déjeuner.

Aujourd'hui, L214 se tourne résolument vers les supermarchés.



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